Je viens de me rendre compte que je publie plus de vidéos qu'autre chose, sur ce blog, alors qu'il était censé être un bloc-note. C'est qu'en ce moment, je découvre plus de nouveaux chanteurs et de nouvelles chansons que je n'écris. Je me suis tout de même mise en quête d'un petit quelque chose...Alors voilà, j'ai retrouvé ce texte, quelque part dans les confins de mon ordinateur, je l'ai relu, je l'ai aimé. Il a passé le test ultime : je l'ai redécouvert après l'avoir oublié et je n'ai pas eu envie de l'effacer. J'espère qu'il vous plaira !
Quelque part entre deux villes, ni vraiment dans l'une, ni vraiment dans l'autre, quelque part entre les autres et elle-même, intelligente ou peut-être folle, se trouve une âme qui espère. Là, coincée, elle a une idée qui trotte et trotte dans sa tête, impatiente d'une page blanche où emprisonner ses lettres noires, elle vient puis s'en va dans le froid de son esprit fatigué qu'elle piétine sans cesse, elle est là qui ne cherche qu'à paraître. A cet endroit qu'aucune lettre ne trouve, dans une chambre de cette maison et dans l'esprit de cette âme, plongés dans le noir, un quelque chose est né. Né dans le nulle part, une étincelle dans le noir et l'âme perdue vient de s'incruster dans un monde. A cet endroit à ce moment, hors de l'espace et du temps, une âme est née de son idée, elle la fixe, elle se fixe, elle l'Immatérielle, elle se donne un corps, une consistance, une existence. Une petite fille, il fait encore nuit, regarde un spot au sommet d'un toit. Il l'éclaire comme une star alors elle se dit qu'elle voudrait éclairer elle aussi, comme les étoiles le ciel, comme le spot la cour de récréation à huit heures le matin. Elle se dit que c'est beau, c'est beau ce qu'elle vient de penser, elle se dit qu'elle voudrait ne jamais arrêter, elle se promet de ne jamais le faire. Alors elle court retrouver ses amies en riant, sous les spots qui éclairent la cour de récréation à huit heures le matin, sous les étoiles brillantes dans le ciel noir. L'âme alors s'est souvenu, elle espère mais elle doute à huit heure le matin, elle a onze ans. Puis elle est elles toutes à la fois, en tous lieux et en tous temps, alors elle se promène déguisée en l'infini, histoire d'en rencontrer une, rien qu'une, un de ses tristes morceaux presque effacés. Elle tombe là-dessus, sur cette chose. Ce n'est pas vraiment une petite fille, elle en est sûre. Elle a ce regard bleu, celui qui a déjà vu. Celui qui dit je sais tout et tu ne sais rien. Celui qui se moque parce que je suis tout et que tu n'es rien. Et puis l'âme a ce sentiment, celui de trop lourde conscience, comme si toutes les réalités se rappelaient à elle en se faisant plus vivaces pour les yeux. Elle distingue chaque petite feuille de cet immense buisson, chaque veine du bois de la porte lui semble comme une faille immense. Une faille dans laquelle elle pourrait aisément tomber. Elle s'enfuit à l'intérieur, s'enfuit à l'abri d'elle-même.